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dimanche 16 juin 2013

Robe à l'anglaise 1780: La robe de la Comtesse-Chanoinesse

Faisant suite à la réalisation du corps à baleines 1780, voici donc le pas à pas de la réalisation de robe de Comtesse-Chanoinesse réalisée pour l'exposition permanente du musée du Prieuré à Salles-Arbuissonas en Beaujolais (69).
Afin de savoir sur quelle type de robe nous allions partir pour personnifier la dernière Comtesse-Chanoinesse du Prieuré de Salles-Arbuissonas, le musée m'a fait parvenir une copie du portrait de la dite personne: Madame de Ruffey.

Après étude du portrait, (la version exposée au musée est beaucoup plus "lisible" que la photo d'au dessus), je suis partie sur une robe à l'anglaise dite "Front Zone". J'ai beaucoup hésité entre ça et une version plus informelle, qui se serait composée d'un pierrot et d'une jupe assortie, mais au final avec les gens du musée nous avons préféré réaliser la version "apparat" d'une telle tenue.
Même si, sur les portraits, les chanoinesses sont peintes avec des robes de couleurs (sombres, certes...), la règle du Prieuré les leur interdit normalement. Autres interdits : les tissus à motifs, et les dentelles.
La décision sera donc prise, de réaliser la robe en doupion de soie noire, quant aux garnitures, elles seront en mousseline de coton.

Allez, passons à la réalisation proprement dite !

Et comme à chaque fois, on commence par poser l'aplat de coton sur le doupion de soie afin de donner du rond au plis de la jupe. Ce qui implique des kilomètres de passage de fils ! ^^

La jupe est mise en place sur les dessous réalisés au préalable. Vous pouvez retrouver la réalisation de ceux ci, sur ce post .


La mise en place de la jupe sur les dessous nous permet d'attaquer la réalisation de la toile de la robe. J'ai marqué les ligne de la robe sur mon corps à baleines afin d'avoir des lignes bien structurées; mais je sais d'avance que je risque d'avoir pas mal de retouches, car la mannequin acheté par le musée à un buste excessivement étroit.

Une fois la toile du corsage réglée (c'est à dire que les lignes sont retracées correctement, et que je vérifies les longueurs afin de ne pas avoir de surprise d'écart entre les différentes coutures au montage.), je remet tout sur le mannequin pour mouler le bas de robe.


Pour faciliter le moulage, je prépare la jupe en faisant un petit plissé, mais je sais déjà que dans la soie, je serais sur des fronces. J'aurais bien voulu faire des plis "tuyaux d'orgues", mais mon tissu (le doupion de soie) trop cassant sans aplat n'a pas le rendu voulu.

Pour des raisons de simplicité, je trace la manche à plat avant de la mettre en place sur la toile. Voilà, tout est prêt, il ne me reste plus qu'à aller voir ce que ça donne avec le mannequin définitif.


L'essayage se passe on ne peut mieux, j'ai juste un problème de retouche sur le dos de la manche qui malheureusement va me "manger" un peu le dos de la robe, mais vu la carrure ridiculement étroite (et totalement inhumaine !) du mannequin, je n'ai pas le choix si je veux que cela tombe bien.
Bref, il ne me reste plus qu'à rentrer à l'atelier pour couper la robe dans son tissu définitif !

Comme une impression de "déjà vu": c'est reparti pour la pose d'aplat sur le doupion! Pour une question de poids et d'aspect général, j'ai décidé de n'entoiler que le corsage de robe et la manche. Les jupes ne seront, elles, qu'en doupion afin d'éviter d'avoir une robe qui pèse trois tonnes.




Petit à petit, le corsage prend forme. Pour information, je pars sur un type de fermeture milieu devant bien historique avec une rangée d'agrafes cachées.

Pour avoir un joli fronçage régulier, je passe mes fils à la main en décalage. Cela donne un volume de fronces relativement régulier, et se pose mieux quand on fait le montage à la machine.

Le fronçage, une fois prêt à être monté avec le corsage de robe.


Et voilà ce que ça donne une fois cousu avec le corsage de robe. On sent bien la différence de raideur entre le corsage entoilé, et les jupes laissées uniquement dans l'épaisseur de soierie.


La robe est finie de coudre. Désormais, il ne me reste plus qu'à faire toutes les finitions à la main ! C'est à dire : l'ourlet des jupes (un petit point arrière bien discret), poser les garnitures (des rubans de doupion fait-maison et cranté avec bords à vif), rabattre les ourlets de manches, et finir les fermetures devant. Bref, tout ça va me prendre plus de 3 jours !!!
Comme, on peut le voir, la robe ne ferme plus sur mon mannequin. Et oui, mon Stockman taille 36-38 est trop gros (!!!) par rapport au mannequin du musée....


La pose des garnitures sur le décolleté de la robe est faite tout au point arrière à la main, afin d'être le plus discret. D'ailleurs, toutes les finitions et coutures visibles sont réalisées à la main, afin d'être le plus "archéo-compatibles" possible.


Voilà, les garnitures sont posées sur toute la robe comme je le souhaitais. Il m'a quand même fallu près de 16m de rubans crantés !!!!

La robe est finie. Les engageantes en mousselines de coton, ourlées à la main sont fixées au bas de manche. Le "fichu menteur", lui aussi ourlé à la main est prêt à venir garnir le décolleté. Il ne nous reste plus qu'à aller installer tout ça en situation !

Ca y est, la Comtesse-Chanoinesse a pris sa place au musée. On notera que le fichu est plus simple que sur la maquette du départ, mais malheureusement, le temps nous a manqué. C'est que la couture à la main, c'est beau, mais Dieu que c'est lent !!!! ^^



Le pouf de la jupe a été épaissi car entre le poids du jupon et des jupes de la robe, il avait tendance à s'affaisser, alors je l'ai grossi un peu afin d'avoir la jolie silhouette caractéristique de l'époque.

Détail de l'avant de la robe.

Voilà, aujourd'hui, il ne nous manque plus qu'à trouver le ruban sur lequel agrafer la croix des Comtesse-Chanoinesse.
C'était un projet passionnant, avec une équipe très enthousiaste pour un très beau lieu chargé d'histoire. Alors si vous passez dans le Beaujolais, je vous rappelle l'endroit : Musée du Prieuré de Salles Arbuissonas en Beaujolais (Rhône) !











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